Reishi (Ganoderma lucidum)

Reishi (Ganoderma lucidum) : synthèse scientifique, mécanismes d’action, bénéfices et applications thérapeutiques étudiées

Le Ganoderma lucidum communément appelé Reishi au Japon ou Lingzhi en Chine, est un champignon d'intérêt scientifique majeur qui fait l'objet d'investigations approfondies depuis plusieurs décennies. Ce basidiomycète de la famille des Ganodermataceae constitue un pilier de la médecine traditionnelle asiatique depuis plus de 2400 ans et suscite aujourd'hui un engouement croissant dans la recherche biomédicale moderne. 

Cette synthèse examine de manière non exhaustive les composés bioactifs du Reishi, leurs mécanismes d'action moléculaires, ainsi que les applications thérapeutiques étudiées par la recherche scientifique moderne.

Reishi : Contexte Historique et Classification Botanique

Le Reishi croît naturellement dans les régions subtropicales et tempérées d'Asie, d'Europe et d'Amérique, principalement sur les bois morts ou vivants des espèces à feuilles caduques, en conditions d'humidité élevée et de luminosité limitée.

Historiquement, ce champignon fut reconnu par l'herboriste Shen Nong de la dynastie Shu et classifié comme "herbe supérieure", désignation réservée aux substances pouvant être consommées de manière continue sans effets secondaires.

La médecine traditionnelle chinoise identifie six variétés de Reishi selon leur coloration (rouge, noir, bleu, blanc, jaune et violet), le Reishi rouge (Ganoderma lucidum) et le Reishi noir (Ganoderma sinensis) démontrant les propriétés thérapeutiques les plus significatives. [1][2]

Composition Chimique et Molécules Bioactives : ce que contient vraiment le Reishi

Structure Générale et Composants Principaux du champignon

La composition du Reishi révèle une complexité moléculaire remarquable. Le champignon frais contient jusqu'à 90% d'eau, tandis que la matière sèche se compose de protéines (10-40%), lipides (2-8%), glucides (3-28%), fibres (3-32%) et cendres (8-10%).

Plus de 600 composés chimiques ont été identifiés et extraits du Ganoderma lucidum, incluant des alcaloïdes, méroterpénoïdes, nucléobases, nucléosides, polysaccharides, protéines, stéroïdes et triterpènes. [3][2][4][1]

Triterpènes et Acides Ganodériques du Reishi

Les triterpènes constituent l'une des deux principales classes de composés bioactifs du Reishi. Plus de 150 triterpènes ont été identifiés dans les corps fructifères, les spores et le mycélium du Reishi.2][1]

Les acides ganodériques représentent des triterpènes hautement oxygénés caractérisés par des structures moléculaires complexes. Les composés les plus étudiés incluent les acides ganodériques A, B, C1, C2, D, DM, E, F, G, H, K, Me, Mk, R, S, T, X et Y, ainsi que les acides lucidéniques A, B, C et N.

L'acide ganodérique A possède des groupements hydroxyles en positions 7 et 15, tandis que l'acide ganodérique H présente une hydroxylation en position C-3.

Ces variations structurales déterminent directement l'activité biologique des molécules.[1][3][2][4][5]

Polysaccharides et bêta-Glucanes du Reishi

Les polysaccharides représentent la seconde classe majeure de composés bioactifs du Reishi.

Plus de 200 polysaccharides différents ont été isolés des corps fructifères, spores, mycélium et cultures liquides. Structurellement, ces polysaccharides constituent majoritairement des hétéropolymères de haut poids moléculaire dont le glucose représente le composant principal, accompagné de xylose, mannose, galactose et fructose en proportions variables. [1][2]

Les principales classes de polysaccharides bioactifs sont les (bêta) β-1,3 et β-1,6-D-glucanes. Les parois cellulaires des spores du champignon Ganoderma lucidum contiennent une concentration élevée de ces polysaccharides.

Les bêta-glucanes présentent une structure chimique caractérisée par des chaînes ramifiées de résidus glucose liés par des liaisons glycosidiques β-1,3 dans la chaîne principale, avec des ramifications latérales en β-1,6. Cette configuration tridimensionnelle confère aux β-glucanes leur capacité d'interaction avec les récepteurs immunitaires spécifiques.[6][7][8][9][10][11][1][2]

Plusieurs glycoprotéines et complexes polysaccharide-peptides ont également été identifiés : [1][2][12]

  • GLIS (Ganoderma lucidum immunomodulation substance)
  • GLPG (protéoglycane de G. lucidum)
  • GL-PP (polysaccharide-peptide de G. lucidum)
  • ainsi que diverses fractions glycoprotéiques.

Autres Composés Bioactifs présent dans le champignon Reishi

Le Reishi (Ganoderma lucidum) contient également:

  • Des composés phénoliques
  • Des stérols (ergostérol, précurseur de la vitamine D2)
  • Des acides gras essentiels (notamment des acides gras polyinsaturés en C19)
  • Des protéines riches en acides aminés essentiels (leucine et lysine)
  • Des nucléotides et nucléosides

Ainsi que des éléments minéraux essentiels.

L'analyse minérale révèle des concentrations significatives de : 

  • Potassium : 3590 mg/100g
  • Phosphore : 4150 mg/100g
  • Calcium : 832 mg/100g
  • Magnésium : 1030 mg/100g
  • Fer : 82,6 mg/100g

Ainsi que du zinc, du cuivre et du sélénium. [1][2][13]

Mécanismes d'Action Moléculaires

Les données disponibles suggèrent plusieurs grands axes d’action possibles, principalement décrits dans des modèles in vitro et chez l’animal.

Mécanismes Immunomodulateurs des Polysaccharides du Reishi

Les polysaccharides du Reishi, en particulier les Bêta-glucanes, ont été étudiés pour leur capacité à moduler le système immunitaire. Dans plusieurs travaux, les effets observés passent par la stimulation des défenses de l’organisme. [7][9][10][11][12][6][1][2]

Les β-glucanes se fixent sur des récepteurs spécialisés à la surface des cellules immunitaires (comme CR-3, Dectin-1 et TLR-2). Cette interaction déclenche des signaux à l’intérieur des cellules. De manière simplifiée, ces voies de signalisation « réveillent » le système immunitaire : certaines cellules se multiplient, deviennent plus actives et produisent davantage de messagers inflammatoires contrôlés (les cytokines). [7][12][6][14][9]

Dans ce contexte, des études rapportent une augmentation de la production de cytokines comme TNF-α, IFN-γ, IL-2 et IL-6, ainsi qu’une activité renforcée des cellules NK (natural killer), notamment au niveau de la rate.

Chez l’humain, une méta-analyse d’essais cliniques contrôlés indique que la prise de G. lucidum est associée à une augmentation de certains marqueurs immunitaires :

  • lymphocytes T CD3+ : +3,91 % (IC 95 % : 1,92–5,90 ; p < 0,01),

  • CD4+ : +3,05 % (IC 95 % : 1,00–5,11 ; p < 0,01),

  • CD8+ : +2,02 % (IC 95 % : 0,21–3,84 ; p = 0,03).

L’activité des cellules NK et le nombre total de globules blancs augmentent aussi légèrement. [15][16]

Ces résultats suggèrent une modulation mesurable du système immunitaire dans le cadre d’études explora

Mécanismes Cytotoxiques et Antitumoraux des Triterpènes issus du Reishi

En laboratoire, plusieurs triterpènes du Reishi, en particulier les acides ganodériques, ont été étudiés pour leurs effets directs sur les cellules cancéreuses. [1][2][5]

Par exemple, l’acide ganodérique T peut déclencher l’apoptose (une forme de mort cellulaire programmée) dans des cellules de cancer du poumon, en passant par les mitochondries. Dans un modèle in vitro, une concentration de 50 μg/mL a entraîné une réduction d’environ 70 % de la viabilité des cellules cancéreuses après 24 heures, sans effet comparable sur des cellules normales.

Ce composé réduit aussi la formation de colonies tumorales et freine l’invasion et la diffusion des cellules dans certains modèles, en diminuant notamment l’expression des enzymes impliquées dans la dégradation des tissus et la migration cellulaire (MMP-2 et MMP-9). [1][2][5]

L’acide ganodérique X a été décrit comme inhibant des enzymes liées à la structure de l’ADN (topoisomérases) et comme déclenchant l’apoptose via les voies ERK et JNK. L’acide ganodérique Me a, lui, été associé à une baisse de la prolifération et de l’invasion de cellules cancéreuses via la diminution de MMP-2/9, NF-κB, uPA et iNOS. [1][2]

D’autres travaux indiquent que les acides ganodériques A et H peuvent freiner la croissance et le comportement invasif de cellules de cancer du sein en modulant AP-1 et NF-κB. L’acide ganodérique Me a également été étudié pour sa capacité à induire l’apoptose de cellules mammaires MDA-MB-231 en diminuant l’expression de plusieurs acteurs clés : NF-κB, TNF-α, VEGF, IL-6/8, MMP-9, Bcl-2, c-Myc et CCND1. [1][2][5]

Ces résultats restent précliniques (modèles cellulaires ou animaux) et ne se traduisent pas automatiquement en efficacité démontrée chez l’humain, mais ils aident à comprendre comment certains composés du Reishi pourraient agir au niveau cellulaire.

Propriétés Antioxydantes du Reishi

Le Reishi est largement étudié pour ses propriétés antioxydantes, c’est-à-dire sa capacité à aider l’organisme à neutraliser les radicaux libres, des molécules instables qui peuvent endommager les cellules. [1][2][13][18][19]

Dans plusieurs modèles, des extraits de Reishi augmentent l’activité de deux enzymes antioxydantes majeures :

  • la superoxyde dismutase (SOD),

  • et la catalase

Toutes deux impliquées dans l’élimination des espèces réactives de l’oxygène (ROS).

Les extraits riches en triterpènes montrent souvent les effets antioxydants les plus marqués in vitro. Certaines molécules, comme plusieurs acides ganodériques, l’acide lucidénique B ou le ganodermanontriol, sont régulièrement citées comme contributeurs majeurs de cette activité. [1][2]

Les polysaccharides de faible poids moléculaire présentent eux aussi une activité antioxydante notable. Leur structure, riche en groupements hydroxyles, leur permet de donner des électrons aux radicaux libres et de les neutraliser.

Les complexes polysaccharide–protéine du Reishi (contenant notamment les acides aminés tyrosine, méthionine, histidine, lysine et tryptophane) semblent particulièrement efficaces pour piéger les radicaux superoxyde et hydroxyle, grâce à la capacité de ces acides aminés à céder des protons. [1][2]

Dans certains tests, l’activité antioxydante d’un polysaccharide de Reishi (GLP) a été jugée comparable à celle du BHT, un antioxydant synthétique, dans un modèle utilisant de l’huile de soja et la lipoxygénase.

D’autres études décrivent une protection des mitochondries, une augmentation de l’insuline sérique et une réduction de la peroxydation lipidique dans des conditions expérimentales. [1][2]

Mécanismes Anti-inflammatoires du Reishi

Les composés bioactifs du Reishi ont également été étudiés pour leurs effets anti-inflammatoires. Dans différents modèles, des triterpènes et des polysaccharides sont associés à une diminution de la production de cytokines pro-inflammatoires (comme IL-1β, TNF-α et IL-6). [20][21][22][23][24]

L’huile de spores de Reishi - Ganoderma lucidum (GLSO) a, par exemple, été étudiée dans des modèles de tumeur associée au stress. Elle semble réduire la progression tumorale en améliorant la capacité des macrophages à phagocyter via les récepteurs Fcγ (FcγR), en lien avec une voie de signalisation de type FcγR/SYK.

Le polysaccharide-peptide GLPP a montré, chez des souris immunodéprimées par le cyclophosphamide, une amélioration :

  • des indices d’organes immunitaires,

  • de certains paramètres de phagocytose,

  • de la sécrétion de TNF-α, IFN-γ, IL-2,

  • et des niveaux d’IgA.

Les analyses métabolomiques indiquent que GLPP pourrait agir sur plusieurs voies métaboliques centrales : cycle de l’acide citrique, métabolisme des acides gras, des glycérophospholipides, de l’acide arachidonique et voie cAMP. [12]

Ces données restent principalement expérimentales, mais elles vont dans le sens d’un potentiel de modulation de l’inflammation par certains extraits de Reishi.

Extraits de Reishi : Applications Thérapeutiques et Bénéfices Étudiés 

Propriétés Anti-Vieillissement du Reishi

Le Reishi (Ganoderma lucidum) démontre des propriétés anti-vieillissement via plusieurs mécanismes. Le vieillissement constitue un processus multifactoriel entraîné par le stress oxydatif, l'inflammation chronique, la dysfonction mitochondriale et le déclin immunitaire.

Les composés bioactifs du Reishi, notamment les polysaccharides (particulièrement les β-D-glucanes), triterpénoïdes (acides ganodériques), peptides, stérols et composés phénoliques, exercent des propriétés anti-vieillissement documentés dans plusieurs études expérimentales:  [18][19][13]

  • Les polysaccharides renforcent les défenses antioxydantes, réduisent l'accumulation de radicaux libres et modulent les réponses immunitaires, retardant ainsi l'immunosénescence.
  • Les triterpénoïdes protègent les mitochondries, suppriment la signalisation pro-inflammatoire et préviennent l'apoptose, contribuant aux effets neuroprotecteurs et cardioprotecteurs. 
  • Les peptides et stérols atténuent les dommages oxydatifs à l'ADN, favorisent la réparation tissulaire et maintiennent la stabilité membranaire, tandis que les composés phénoliques régulent les voies redox cellulaires et retardent la sénescence. [19]

Les études expérimentales sur des modèles animaux et cellulaires démontrent que les extraits du champignon reishi peuvent contribuer à améliorer la durée de vie, la préservation des fonctions cognitives et la résistance au stress, soutenant son rôle d'agent géroprotecteur naturel.

Plusieurs composants bioactifs isolés du milieu de culture du mycélium de Ganoderma lucidum, incluant les Ganodermasides A, B, C, D, la fraction polysaccharidique Reishi 3, les polysaccharides de Ganoderma lucidum I, II, III, IV, le peptide de Ganoderma lucidum, le polysaccharide-peptide de Ganoderma, les triterpènes totaux de G. lucidum et l'acide ganodérique C1 ont pu être associés à l'élongation de la durée de vie ou des activités apparentées. [13][19]

Ces observations placent le reishi parmi les produits naturels intéressants à considérer en recherche sur le vieillissement, mais les preuves chez l’humain restent à consolider avant de pouvoir tirer toute conclusion définitive.

Le Reishi en oncologie : un complément adjuvant aux traitements anti-cancers?

L'application la plus extensivement documentée du Reishi concerne l'utilisation comme complément adjuvant au traitement du cancer. Une revue systématique Cochrane de 2016 analyse cinq essais contrôlés randomisés incluant 373 patients atteints de cancers (principalement population chinoise) et révèle que l'administration de Reishi en combinaison avec la chimiothérapie ou radiothérapie augmente la probabilité de réponse tumorale positive comparativement à la thérapie conventionnelle seule (RR 1,50; IC 95%: 0,90 à 2,51, P = 0,02). [20][21][22][24][25][26][16][15][5][1]

Cependant :

  • Le traitement par Ganoderma lucidum seul ne démontre pas de taux de régression significatif comparable à celui observé en thérapie combinée.
  • Les résultats suggèrent que les patients sous extrait de Reishi ont 1,27 fois plus de chances de répondre à la chimiothérapie ou à la radiothérapie que ceux sans ce protocole.

L'analyse révèle également une amélioration de la qualité de vie (échelle de Karnofsky) chez les patients recevant du Reishi comparativement aux contrôles (RR 2,51; IC 95%: 1,86 à 3,40, P < 0,01). [15][16]

Une enquête transversale récente auprès de patients atteint de cancer consommant des extraits de Reishi rapporte que la majorité des patients signalent des améliorations symptomatiques, bien que certains rapportent des effets indésirables mineurs. Les effets secondaires documentés incluent principalement des nausées légères et de l'insomnie. Aucune toxicité hématologique ou hépatique significative n'a été rapportée dans les études cliniques. [15][16][27]

Des études précliniques in vitro démontrent que les acides ganodériques inhibent la prolifération cellulaire dans 26 types différents de cellules cancéreuses humaines, avec une activité antiproliférative particulièrement marquée dans les lignées de leucémies, lymphomes et myélomes. 

L'acide ganodérique induit des dommages mitochondriaux dans les cellules de leucémie promyélocytaire aiguë, sans effets cytotoxiques sur les cellules mononucléaires normales. Les lipides actifs extraits des spores induisent l'apoptose médiée par la régulation à la baisse de P-Akt et la régulation à la hausse des caspases-3, -8 et -9. [5]

Le Reishi est étudié comme complément adjuvant potentiel en oncologie, mais ne remplace pas les traitements validés et doit, le cas échéant, être utilisé sous supervision médicale.

Reishi, Neuroprotection et Maladies Neurodégénératives

Les triterpènes et polysaccharides extraits du Reishi font l’objet de recherches sur la neuroprotection. [19][24][18][13][1][2]

Des extraits aqueux ou obtenus au CO₂ supercritique ont montré une inhibition partielle de l’acétylcholinestérase (AChE), une enzyme ciblée dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer (inhibition jusqu’à ~22,5 % dans certains tests).

Le Reishi a également été étudié dans des modèles de stress oxydatif cérébral et de maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, Huntington, SLA), où ses propriétés antioxydantes semblent limiter certains marqueurs de dommage neuronal. [24][1][2]

Des polysaccharides isolés ont montré, chez le rat, des effets de type antidépresseur et une réduction de comportements assimilés à l’anxiété. Traditionnellement, G. lucidum est aussi décrit comme ayant des effets relaxants et analgésiques. [1

Ces résultats restent cependant préliminaires chez l’humain.

Reishi et Modulation du Microbiote Intestinal

Des travaux récents indiquent que le Reishi peut influencer le microbiote intestinal, en particulier via ses polysaccharides, triterpénoïdes, oligosaccharides et oligoéléments.[44]

Dans des modèles d’hyperglycémie, d’hyperlipidémie et d’obésité associées à une dysbiose, certains extraits de Reishi semblent améliorer à la fois des paramètres métaboliques et la composition du microbiote.

Une étude LC/MS chez des rats diabétiques montre que l'extrait de Reishi peut modifier le glucose sanguin et la composition de la flore intestinale. Les polysaccharides de Reishi sont décrits comme ayant un effet prébiotique, en favorisant la croissance de certaines bactéries bénéfiques. [45][42][44]

Là encore, il s’agit de données principalement précliniques, qui ouvrent des pistes sur le lien entre Reishi, microbiote et métabolisme.

Activités Antimicrobiennes et Antivirales du champignon Reishi

Des extraits de Reishi ont été testés contre différentes bactéries pathogènes. Des extraits aqueux et organiques (hexane, dichlorométhane, acétate d’éthyle, méthanol) ont montré une activité contre:

  • Bacillus cereus

  • Enterobacter aerogenes

  • Staphylococcus aureus

  • Escherichia coli

  • Pseudomonas aeruginosa

Dans certains tests, l’extrait méthanolique était plus actif que l’ampicilline ou la streptomycine contre S. aureus et B. cereus, pour des concentrations définies en laboratoire.  [1][2]

Sur le plan antiviral, plusieurs triterpénoïdes isolés (acide ganodérique β, lucidumol B, ganodermanondiol, ganodermanontriol, acide ganolucidique A) présentent une inhibition de la protéase du VIH-1 in vitro, avec des IC₅₀ entre 20 et 90 μM. Certaines laccases issus du Reishi semblent pouvoir inhiber la transcriptase inverse du VIH-1. [1][2]

Des polysaccharides hydrosolubles extraits du Reishi ont montré une inhibition significative de la formation de plaques virales pour les virus de l’herpès HSV-1 et HSV-2 en laboratoire. 

Des études de modélisation moléculaire suggèrent enfin que certains acides ganodériques pourraient gêner l’attachement du VIH-1 à son récepteur CD4. [46][1]

Ces résultats sont exploratoires et précliniques. Ils ne font pas du Reishi un traitement approuvé des maladies infectieuses, mais mettent en évidence des interactions biochimiques intéressantes qui justifient des recherches supplémentaires.

Profil de Sécurité et Tolérance des compléments à base de Reishi

Le Reishi (Ganoderma lucidum) démontre un profil de sécurité favorable dans les études cliniques. La revue systématique Cochrane rapporte des effets secondaires mineurs incluant nausées et insomnie chez quelques patients. Aucune toxicité hématologique ou hépatologique significative n'a été observée dans l'ensemble des études. [32][45][15][16][27]

Une étude de toxicité orale à doses répétées chez des rats Wistar démontre que des extraits de Reishi mexicain testés n'ont aucun effet indésirable, toxique ou néfaste significatif chez les rats mâles et femelles comparativement aux groupes témoins.

Aucune lésion ou dysfonction n'est enregistrée dans les reins ou le foie, sans variations anormales significatives du poids des organes, de l'histopathologie tissulaire, des paramètres biochimiques sériques (protéine C-réactive, créatinine, urée, glucose, transaminases ALT et AST, cholestérol total, LDL-c, triglycérides, HDL-c), des paramètres urinaires (créatinine, azote uréique, albumine, rapport albumine/créatinine, glucose), des biomarqueurs de lésion et d'inflammation (expression protéique de KIM-1/TIM-1, TLR4 et NF-кB; expression génique d'IL-1β, TNF-α et IL-6), ou de l'expression des gènes liés au métabolisme du cholestérol (HMG-CoA, Srebp2, Ldlr). [45]

Une enquête transversale auprès de patients cancéreux utilisant le Reishi comme complément rapporte que bien que la majorité des patients signalent des améliorations symptomatiques, certains rapportent des effets indésirables mineurs (nausées légères, insomnie). [27

Limitations et Perspectives de Recherche

Malgré un grand nombre de travaux précliniques jugés prometteurs, plusieurs limites freinent aujourd’hui l’utilisation du Ganoderma lucidum dans un cadre thérapeutique : 

  • utilisation de formulations très différentes (parties du champignon, méthodes et solvants d’extraction, profils de composés actifs),

  • populations étudiées aux profils variables (type de pathologie, stade de la maladie, traitements associés, âge, comorbidités),

  • absence de standardisation des dosages et des durées de traitement,

  • durée de suivi souvent trop courte.

De plus, tous les essais inclus dans la revue Cochrane ont été réalisés sur des populations chinoises, ce qui limite la possibilité de généraliser les résultats à d’autres pays ou contextes de soins. [29][37][32][15][16]

Pour les années à venir, les recherches devraient donc viser à :

  • mener des essais contrôlés randomisés plus rigoureux,

  • inclure des effectifs plus importants et des populations plus diversifiées,

  • utiliser des préparations standardisées (avec quantification précise des triterpènes, polysaccharides, etc.),

  • intégrer un suivi prolongé, avec des critères cliniques robustes, dont la survie.

L’identification et l’étude de composés isolés (purs) du Reishi représentent également une étape importante : cela permettrait de mieux comprendre les mécanismes d’action spécifiques et de concevoir, à terme, des formulations thérapeutiques mieux caractérisées, tout en restant dans un cadre fondé sur des preuves.

Conclusion

Ganoderma lucidum (Reishi/Lingzhi) est un champignon médicinal qui compte parmi les plus étudiés et les plus fascinants, aux côtés du Lion’s Mane et du Chaga. Ses remarquables propriétés biologiques sont étroitement liées à sa composition chimique complexe, dominée par les triterpènes (notamment les acides ganodériques) et les polysaccharides (en particulier les β-glucanes).

La recherche scientifique explore activement les mécanismes immunomodulateurs, antitumoraux, antioxydants, anti-inflammatoires et neuroprotecteurs de ses composants bioactifs. Bien que les données précliniques et les premières études cliniques soient encourageantes, en particulier concernant la modulation du système immunitaire et l’utilisation comme adjuvant en oncologie, les preuves actuelles ne soutiennent pas l’emploi du Reishi comme traitement autonome du cancer ou d’autres maladies.

À ce stade, le Reishi doit être considéré :

  • comme un sujet de recherche biomédicale en cours,

  • comme une option potentielle de complément alimentaire dans certains contextes, toujours sous supervision médicale ou chez des personnes en bonne santé,

  • comme une source naturelle prometteuse de molécules pour de futurs développements thérapeutiques plus ciblés.

Références scientifiques sur le Reishi (Ganoderma lucidum)

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  2. https://www.mdpi.com/1420-3049/23/3/649/pdf                    

  3. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9856212/  

  4. https://www.mdpi.com/2218-273X/13/1/24/pdf?version=1672221186 

  5. https://www.mdpi.com/2077-0383/13/4/1153   

  6. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9914031/  

  7. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5135828/  

  8. https://www.mdpi.com/2304-8158/12/3/659/pdf?version=1675408275

  9. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8072893/  

  10. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7816268/ 

  11. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2704234/ 

  12. https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fnut.2023.1179749/full   

  13. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5758346/    

  14. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7550786/  

  15. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6353236/       

  16. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5222619/        

  17. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6799808/ 

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  19. https://oarjbp.com/node/436     

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Polyextract ne formule aucune allégation de santé et n’affirme aucun effet lié au Reishi ou à tout autre ingrédient. Cet article est fourni uniquement à des fins éducatives et informatives. Les résultats scientifiques présentés ici appartiennent exclusivement aux auteurs des publications citées et ne constituent ni un avis médical ni une recommandation de Polyextract.com.

 

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